Diagnostics obligatoires pour une location : liste, durées de validité
Quels diagnostics obligatoires remettre au locataire en 2026 ? DPE, CREP, électricité, gaz, amiante… liste complète, durées de validité et erreurs à éviter.


Le Dossier de Diagnostic Technique (DDT) pour une location comprend le DPE (obligatoire pour tous les logements, sauf occupation inférieure à 4 mois par an), le CREP si le permis de construire est antérieur à 1949, l'état électricité et l'état gaz si les installations ont plus de 15 ans, l'ERP en zone à risque (6 mois de validité), le diagnostic bruit en zone PEB, le diagnostic amiante (permis avant juillet 1997), la surface habitable et le Carnet d'Information du Logement pour les constructions récentes.
Un bailleur doit annexer au contrat de location un Dossier de Diagnostic Technique (DDT) complet, sous peine de voir le locataire contester la validité de certaines clauses. La liste des diagnostics obligatoires pour une location dépend de trois déclencheurs précis : la date du permis de construire, l'ancienneté des installations et la zone géographique du bien. En 2026, le calcul du DPE évolue au 1er janvier, modifiant potentiellement l'étiquette énergétique de milliers de logements : sans que le bailleur ait à refaire un diagnostic déjà valide.
Comparatif en un coup d'œil
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| Diagnostic | Obligation | Logements concernés | Durée de validité | Condition déclencheuse |
|---|---|---|---|---|
| DPE (performance énergétique) | Obligatoire | Tous (sauf occupation < 4 mois/an) | 10 ans | Toute mise en location |
| CREP (plomb) | Obligatoire si condition remplie | Permis de construire avant le 1er janvier 1949 | 1 an (< 1 mg/cm²) ; illimitée (0 mg/cm²) | Date du permis de construire |
| État électricité | Obligatoire | Installation ≥ 15 ans | 6 ans | Ancienneté de l'installation |
| État gaz | Obligatoire | Installation ≥ 15 ans | 6 ans | Ancienneté de l'installation |
| ERP (risques et pollutions) | Obligatoire si condition remplie | Zone couverte par un PPRT, PPRN ou SIS | 6 mois | Code postal / zone géographique |
| Bruit (PEB) | Obligatoire si condition remplie | Zone de Plan d'Exposition au Bruit | 6 mois (ERP intégré) | Code postal / zone aéroportuaire |
| Amiante | Obligatoire si condition remplie | Permis de construire avant le 1er juillet 1997 | Illimitée (absence amiante) ; à renouveler si présence | Date du permis de construire |
| Surface habitable (loi Boutin) | Obligatoire | Tous (location vide) | Illimitée (surface inchangée) | Toute mise en location vide |
| CIL (carnet d'information) | Obligatoire si condition remplie | Permis ou déclaration préalable déposé à partir du 1er janvier 2023 | Permanent (mis à jour) | Date du permis de construire / DP |
Ce que la loi impose : le Dossier de Diagnostic Technique (DDT) en un coup d'œil
Le Dossier de Diagnostic Technique est une obligation légale codifiée aux articles L.126-23 à L.126-26 du Code de la construction et de l'habitation. Il doit être annexé au contrat de bail au moment de la signature, pas après. Le législateur a progressivement étoffé cette liste depuis la loi SRU de 2000, avec des renforts majeurs via la loi Alur de 2014 et la loi Élan de 2018.
Le principe est simple : informer le locataire sur l'état du logement qu'il s'apprête à occuper, qu'il s'agisse de performance énergétique, de sécurité des installations ou d'exposition à des risques naturels ou sanitaires. L'absence de DDT ou un DDT incomplet ne rend pas le bail nul, mais expose le bailleur à une demande d'exécution forcée ou à une réduction de loyer.
La liste précise dépend du logement concerné. Trois critères déterminent quels diagnostics sont requis : la date du permis de construire, l'âge des installations techniques, et le code postal du bien. Un appartement récent dans une zone sans risque particulier aura un DDT bien plus léger qu'une maison ancienne en zone inondable.
📌 Important : le DDT doit être remis au moment de la signature du bail. Un bailleur ne peut pas promettre de le fournir « plus tard ». Le locataire signataire doit avoir pris connaissance de tous les diagnostics avant de s'engager.
Qu'est-ce que le DDT et pourquoi est-il obligatoire ?
Le DDT regroupe l'ensemble des diagnostics techniques imposés par le Code de la construction et de l'habitation avant toute mise en location. Il vise un double objectif : transparence sur l'état du logement et protection du locataire contre des risques cachés (plomb, amiante, installations électriques vétustes, gaz).
Contrairement à une idée répandue, le DDT location n'est pas identique au DDT vente. Le dossier vente inclut des diagnostics supplémentaires comme l'assainissement non collectif ou le mesurage Carrez, absents en location. En revanche, la location impose un diagnostic surface habitable (loi Boutin) que la vente ne requiert pas.
Les diagnostics du DDT selon le type de logement
Le tableau ci-dessous résume les neuf diagnostics potentiels du DDT location. Quatre sont obligatoires pour tout logement. Cinq sont conditionnels : ils dépendent de la date du permis de construire, de l'ancienneté des installations ou de la zone géographique.
Le DPE est le seul diagnostic exigé pour tous les logements mis en location (hors occupation saisonnière de moins de quatre mois par an). L'état électricité et l'état gaz se déclenchent dès que l'installation concernée a plus de 15 ans. Pour le CREP, le diagnostic amiante et l'ERP, la date du permis de construire ou le code postal est déterminant.
Les diagnostics obligatoires pour toute location en 2026 : la liste détaillée
Chaque diagnostic du DDT répond à une logique précise. L'erreur la plus fréquente chez les bailleurs consiste à confondre « obligatoire pour tous » et « obligatoire sous condition » : et à omettre un diagnostic déclenché par une condition pourtant remplie. Voici le détail de chaque diagnostic, son objet, les logements visés et sa durée de validité.
💡 À noter : tous les diagnostics doivent être réalisés par un diagnostiqueur certifié. Un document établi par le bailleur lui-même ou par un artisan non certifié n'a aucune valeur légale.
DPE : la nouveauté du 1er janvier 2026
Le Diagnostic de Performance Énergétique évalue la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre d'un logement. Il attribue une étiquette de A à G, devenue contraignante pour la location depuis la loi Climat et Résilience : les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, les F le seront au 1er janvier 2028, et les E au 1er janvier 2034.
Le 1er janvier 2026, le mode de calcul du DPE évolue. Selon le ministère de l'Économie, cette révision « permettra d'améliorer l'étiquette de milliers de logements » en corrigeant un biais qui pénalisait le chauffage électrique par rapport au gaz. Concrètement, un logement chauffé à l'électricité pourrait gagner une lettre sans aucun travaux. Cette révision ne concerne que les DPE réalisés après le 1er janvier 2026 : un DPE antérieur reste valable jusqu'à son expiration.
Le DPE est obligatoire pour toute location, sauf si le logement est destiné à être occupé moins de 4 mois par an (source : service-public.fr, fiche F33463). Sa durée de validité est de 10 ans, sauf pour les DPE réalisés entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 qui expiraient au 31 décembre 2024, et ceux réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 qui expirent au 31 décembre 2024.
CREP : le constat de risque d'exposition au plomb
Le CREP détecte la présence de plomb dans les peintures et revêtements. Le plomb, autrefois utilisé massivement, peut provoquer le saturnisme, particulièrement chez les jeunes enfants. Ce diagnostic est obligatoire pour tout logement dont le permis de construire est antérieur au 1er janvier 1949.
La durée de validité dépend du résultat. Si le constat révèle une concentration de plomb inférieure au seuil réglementaire, il est valable sans limitation de durée. En cas de présence de plomb détectée, il reste valable 1 an. À l'issue, un nouveau CREP doit être réalisé pour vérifier que la situation n'a pas évolué.
En pratique, pour un immeuble haussmannien ou un appartement ancien en centre-ville, ce diagnostic est quasi systématiquement requis. Pour un pavillon construit dans les années 1970, il ne l'est pas.
État de l'installation intérieure d'électricité
Ce diagnostic vérifie la sécurité de l'installation électrique : absence de risque de choc, protection contre les surintensités, état des conducteurs, présence d'une mise à la terre. Il est obligatoire dès lors que l'installation électrique a plus de 15 ans.
La durée de validité est de 6 ans. Le diagnostiqueur examine le tableau électrique, les prises, les interrupteurs et les fils apparents. Il ne démonte rien, mais son rapport identifie les anomalies qui nécessitent une intervention. Une installation présentant des risques graves peut dissuader un locataire : ou servir d'argument pour une renégociation du loyer.
La vétusté électrique est la première cause d'incendie domestique en France. Au-delà du cadre locatif, ce diagnostic protège le bailleur lui-même contre un sinistre dont il serait responsable.
État de l'installation intérieure de gaz
Symétrique du diagnostic électrique, l'état gaz concerne les logements dont l'installation de gaz naturel ou de gaz en bouteille a plus de 15 ans. Il contrôle l'étanchéité des conduits, la ventilation des locaux, l'état des appareils et la présence de dispositifs de sécurité.
La durée de validité est également de 6 ans. Si le logement ne dispose d'aucune installation de gaz, ce diagnostic n'est pas requis. En revanche, une simple cuisinière au gaz dans un appartement tout électrique suffit à déclencher l'obligation.
Le diagnostiqueur certifié vérifie notamment la vacuité des conduits de fumée et l'absence de fuite. Un défaut détecté impose une mise en conformité avant la relocation, sauf à engager la responsabilité du bailleur en cas d'accident.
ERP : l'état des risques et pollutions
L'État des risques et pollutions informe le locataire sur les risques naturels (inondation, séisme, mouvement de terrain, radon), technologiques (installations classées Seveso) ou miniers auxquels le bien est exposé. Il est obligatoire si le logement se situe dans une zone couverte par un plan de prévention des risques (PPRT, PPRN) ou un secteur d'information sur les sols (SIS).
Sa durée de validité est de 6 mois. Cette courte durée s'explique par le caractère évolutif du zonage réglementaire : un arrêté préfectoral peut modifier le périmètre à risque d'une commune.
Le code postal détermine l'obligation. Le bailleur peut vérifier gratuitement sur le site Géorisques (georisques.gouv.fr) si son adresse est concernée. Dans les faits, une grande partie du territoire est couverte par au moins un risque : l'inondation étant le plus fréquent.
Diagnostic bruit (Plan d'exposition au bruit)
Le diagnostic bruit s'applique aux logements situés dans une zone de Plan d'Exposition au Bruit (PEB) d'un aéroport. Il est souvent intégré à l'ERP dans la pratique, mais constitue une obligation distincte.
Trois aéroports principaux déclenchent ce diagnostic : Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Nantes-Atlantique. D'autres aéroports militaires ou civils peuvent également générer un PEB course. Le diagnostiqueur évalue le classement sonore de la zone et renseigne les nuisances aériennes prévisibles. La durée de validité est généralement alignée sur celle de l'ERP (6 mois).
L'essentiel
- Le DDT location compte 9 diagnostics potentiels, mais seuls 4 sont obligatoires pour tous les logements : DPE, état électricité, état gaz et surface habitable.
- Le DPE est obligatoire dans tous les cas sauf location saisonnière de moins de 4 mois par an (art. L.126-26 CCH).
- Au 1er janvier 2026, le nouveau calcul du DPE améliore l'étiquette des logements chauffés à l'électricité : sans obligation de renouveler un DPE déjà valide.
- La durée de validité varie de 6 mois (ERP) à 10 ans (DPE), avec des cas illimités sous conditions (CREP sans plomb, amiante absent, surface inchangée).
- Le coût des diagnostics est intégralement à la charge du bailleur ; un DDT incomplet expose à une mise en demeure du locataire et à une possible réduction de loyer.
Diagnostics conditionnels : amiante, carnet d'information du logement et cas particuliers
Au-delà des diagnostics déclenchés par l'âge des installations ou le zonage réglementaire, deux diagnostics dépendent exclusivement de la date du permis de construire : l'amiante et le Carnet d'Information du Logement (CIL). Leur application est souvent mal comprise par les bailleurs, qui les confondent avec des obligations systématiques.
La location meublée, par ailleurs, n'introduit pas de diagnostic supplémentaire : le DDT est identique à celui d'une location vide. C'est la date du permis de construire, l'état des installations et la localisation du bien qui pilotent la liste, quel que soit le type de bail.
Diagnostic amiante : obligatoire depuis quand et pour quels logements ?
Le diagnostic amiante est obligatoire pour tout logement dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997, date de l'interdiction généralisée de l'amiante en France. Il vise à repérer les matériaux et produits contenant de l'amiante (flocages, calorifugeages, faux plafonds, dalles de sol, conduits, colles, etc.).
Sa durée de validité est illimitée si aucun matériau amianté n'est détecté. En cas de présence d'amiante, un contrôle périodique est requis tous les 3 ans pour vérifier l'état de conservation des matériaux. Pour un immeuble des années 1960 à 1990, ce diagnostic est quasi systématique. Pour une construction postérieure à juillet 1997, il ne s'applique pas.
Dans le cadre d'une location meublée, le DDT comprend ce diagnostic si le permis est antérieur à juillet 1997 : comme le confirme la fiche pratique publiée par lmnp.ai, qui recense sept diagnostics pour le DDT meublé.
Carnet d'information du logement (CIL) : nouveauté à ne pas oublier
Le Carnet d'Information du Logement est la dernière venue dans la liste des documents obligatoires. Institué par la loi Élan, il s'applique aux logements dont le permis de construire ou la déclaration préalable de travaux a été déposé à partir du 1er janvier 2023 (source : service-public.fr, fiche F10798).
Le CIL recense l'ensemble des matériaux utilisés, les plans du logement, les notices de fonctionnement des équipements et l'historique des travaux. Il est mis à jour au fil du temps par le propriétaire et transmis au locataire lors de la première mise en location, puis à chaque changement de locataire. Contrairement aux diagnostics techniques, le CIL n'est pas réalisé par un diagnostiqueur certifié : il est constitué par le maître d'ouvrage (promoteur ou propriétaire ayant fait construire).
Pour un logement ancien ayant fait l'objet de travaux avec déclaration préalable déposée après le 1er janvier 2023, un CIL partiel peut être requis. Le bailleur doit vérifier ce point auprès de la mairie.
Location meublée : le DDT est-il identique ?
La location meublée ne modifie pas la liste des diagnostics obligatoires. Le DDT pour un meublé est exactement le même que pour une location vide : les diagnostics dépendent des mêmes déclencheurs : date du permis de construire, âge des installations, code postal.
La différence principale concerne le diagnostic surface : en location vide, c'est la surface habitable (loi Boutin) qui doit figurer ; en location meublée, seule la surface habitable est mentionnée au contrat (pas de mesurage Carrez obligatoire, contrairement à la vente). Aucun diagnostic spécifique au caractère meublé n'existe : l'état du mobilier relève de l'état des lieux d'entrée, pas du DDT.
Durée de validité des diagnostics immobiliers pour une location : tableau récapitulatif
La durée de validité des diagnostics est une question pratique majeure pour le bailleur. Un diagnostic périmé au moment de la signature du bail équivaut à une absence de diagnostic, avec les mêmes conséquences juridiques. Le tableau ci-dessous récapitule chaque durée.
Le DPE est valable 10 ans, mais attention aux exceptions : les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 expirent au 31 décembre 2024. Les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 bénéficient pleinement de la durée de 10 ans. L'état électricité et l'état gaz sont valables 6 ans. L'ERP a la durée la plus courte : 6 mois, car le zonage réglementaire peut évoluer rapidement.
Le CREP et le diagnostic amiante présentent une particularité importante : leur validité est illimitée si aucun risque n'est détecté. Un CREP concluant à une absence de plomb ou un diagnostic amiante concluant à une absence de matériaux amiantés n'ont pas besoin d'être renouvelés, sauf si des travaux ultérieurs modifient la situation.
💡 À noter : si le bailleur a fait réaliser des diagnostics pour une vente qui n'a pas abouti, certains peuvent être réutilisés pour la mise en location, à condition qu'ils soient encore valides. Le DPE vente et le DPE location sont le même document. En revanche, le CREP, l'état électricité et l'état gaz sont identiques dans les deux cas. Pour plus de détails sur les divergences, consulter les diagnostics obligatoires en cas de vente.
Quand faut-il renouveler un diagnostic avant une nouvelle mise en location ?
Le bailleur doit vérifier systématiquement la date de réalisation de chaque diagnostic avant de signer un nouveau bail. L'ERP est le plus sensible : 6 mois, c'est court. Un ERP réalisé en janvier pour un bail signé en août est déjà périmé.
Même logique pour l'état électricité et l'état gaz : 6 ans. Si l'installation a plus de 15 ans et que le dernier diagnostic date de 2019, il faut le refaire avant la relocation. Pour le DPE, c'est plus simple : 10 ans pour les diagnostics post-juillet 2021. Mais un DPE F ou G engage la responsabilité du bailleur au regard du calendrier d'interdiction de location (G interdit depuis janvier 2025, F dès janvier 2028).
Un cas particulier : si des travaux affectant la performance énergétique ont été réalisés (changement de fenêtres, isolation, chaudière), le DPE antérieur n'est plus représentatif. Même s'il est techniquement encore valide, il est prudent d'en faire établir un nouveau : l'ancien sous-évalue la performance réelle du bien.
Cas pratique chiffré : le DDT d'un appartement parisien construit avant 1949
Prenons un cas concret fréquent sur le marché locatif : un bailleur possède un T3 de 65 m² dans le 18ᵉ arrondissement de Paris, situé dans un immeuble dont le permis de construire date de 1930. L'installation électrique a été refaite partiellement en 2005 (il y a plus de 15 ans). Le logement est équipé d'une cuisinière au gaz et d'un chauffage électrique. Le code postal (75018) place le bien en zone de risque inondation et dans le Plan d'Exposition au Bruit de l'aéroport Charles-de-Gaulle.
Quels diagnostics sont requis ?
- DPE : obligatoire pour toute location (l'article L.126-26 du CCH impose de le joindre au contrat). Si le DPE date de 2016, il est probablement expiré. Un nouveau DPE réalisé après le 1er janvier 2026 bénéficiera du calcul révisé favorable au chauffage électrique : le logement pourrait gagner une lettre.
- CREP : obligatoire, car permis antérieur à 1949.
- État électricité : obligatoire, installation de plus de 15 ans.
- État gaz : obligatoire, cuisinière au gaz de plus de 15 ans.
- ERP : obligatoire, zone inondable.
- Diagnostic bruit : obligatoire, zone PEB Charles-de-Gaulle.
- Diagnostic amiante : obligatoire, permis antérieur à juillet 1997.
- Surface habitable : obligatoire pour toute location vide.
- CIL : non requis, permis antérieur à 2023.
Huit diagnostics sur neuf sont déclenchés. Seul le CIL échappe à ce logement ancien. Le coût total dépend de la superficie et du diagnostiqueur choisi ; pour une estimation chiffrée, se reporter à la page dédiée aux tarifs des diagnostics immobiliers en 2026.
Ce scénario illustre comment trois variables : date du permis de construire, ancienneté des installations, code postal : actionnent presque tous les diagnostics pour un bien ancien en zone urbaine dense. Un appartement neuf de 2024 dans une commune rurale sans risque particulier n'aurait à fournir que le DPE, l'ERP (si la commune est classée) et le CIL : trois diagnostics au lieu de huit.
L'erreur courante qui expose le bailleur à des sanctions : remettre un DDT incomplet ou périmé
Le piège le plus fréquent : le bailleur qui annexe au bail un DPE expiré, pensant que « ça passe », ou qui oublie le CREP pour un appartement ancien dont il ne connaît pas la date exacte du permis de construire. L'erreur est compréhensible, mais ses conséquences sont réelles.
Un DDT incomplet ou comportant un diagnostic périmé ne rend pas le bail nul : la loi du 6 juillet 1989 ne prévoit pas cette sanction automatique. En revanche, le locataire peut mettre le bailleur en demeure de fournir le diagnostic manquant. Si le bailleur ne régularise pas, le locataire peut saisir le juge des contentieux de la protection pour demander l'exécution forcée de l'obligation, voire une réduction de loyer à titre de dommages-intérêts.
La jurisprudence admet que l'absence de DPE peut être sanctionnée par une diminution du loyer si le locataire démontre un préjudice. Plusieurs décisions de juges du fond ont retenu ce principe, bien que les montants varient selon les circonstances. Le risque pratique n'est donc pas une amende administrative, mais une action judiciaire du locataire.
Que risque un bailleur sans DDT complet ?
Le risque principal est une mise en demeure du locataire, suivie d'une action en justice. Le juge peut ordonner la réalisation du diagnostic manquant aux frais du bailleur. Il peut aussi accorder une réduction de loyer si le locataire prouve un préjudice : par exemple, un DPE absent qui masquait une passoire thermique.
Autre conséquence pratique : lors de la relocation, un candidat locataire averti peut refuser de signer un bail sans DDT complet. Dans un marché tendu, ce levier de négociation est limité, mais il existe. Enfin, un bailleur qui loue un logement classé F ou G en violation du calendrier Climat et Résilience s'expose à des sanctions spécifiques, distinctes de l'obligation de DDT.
Ces risques restent toutefois conditionnés à l'action du locataire. Aucune autorité administrative ne vérifie systématiquement les DDT des baux signés. Le risque est donc réel mais diffus : ce qui explique pourquoi certains bailleurs négligent leurs obligations.
Comment vérifier la validité de son DDT avant la mise en location ?
La méthode la plus fiable consiste à lister les diagnostics requis à partir des trois déclencheurs, puis à vérifier la date de chaque document existant.
Pour l'ERP, le site Géorisques (georisques.gouv.fr) permet de générer gratuitement un état des risques à jour en renseignant l'adresse du bien. Pour les installations électriques et gaz, la date de la dernière intervention d'un professionnel donne un point de repère. Pour le permis de construire, la mairie conserve l'historique : la date exacte est souvent indiquée sur l'acte de propriété ou le règlement de copropriété.
Un diagnostiqueur certifié peut réaliser un audit complet et signaler les documents manquants ou périmés. Cette prestation, facturée, évite les oublis. Pour les bailleurs qui gèrent plusieurs biens, un tableau de bord par logement avec les dates d'expiration de chaque diagnostic est un outil de pilotage simple et efficace.
⚠️ Attention : seul un diagnostiqueur certifié peut établir les documents du DDT. Un diagnostic réalisé par un électricien, un plombier ou le bailleur lui-même est juridiquement nul.
Prix des diagnostics obligatoires pour une location : ce qu'il faut prévoir
Le coût des diagnostics est exclusivement à la charge du bailleur. Il ne peut pas être refacturé au locataire, ni sous forme de frais d'agence, ni comme provision pour charges. Cette règle est constante et ne souffre aucune exception.
Les diagnostiqueurs proposent généralement deux formules : des diagnostics à l'unité ou un pack DDT location regroupant les diagnostics requis pour le bien concerné. Le pack est souvent plus économique que la somme des diagnostics individuels, surtout pour un logement ancien nécessitant six à huit documents.
Les tarifs varient selon la superficie, la localisation géographique et la concurrence locale. Pour des chiffres précis et actuels, les tarifs des diagnostics immobiliers en 2026 sont détaillés sur notre page dédiée.
Dans une stratégie patrimoniale plus large, le coût du DDT représente une dépense modeste au regard du risque locatif évité et de la valorisation du bien. Intégrer cette charge dans le plan de financement d'un investissement locatif rentable en 2026 permet d'anticiper le budget sans mauvaise surprise. Le DDT n'est pas un luxe administratif : c'est le socle documentaire d'une location sécurisée.
Checklist bailleur avant toute mise en location
Avant de signer un nouveau bail, le bailleur doit vérifier méthodiquement chaque point de la liste ci-dessous. Un oubli sur un diagnostic conditionnel est facile à commettre : le formaliser en checklist réduit ce risque.
- Vérifier la date du permis de construire (acte de propriété, règlement de copropriété, mairie).
- Si permis antérieur au 1er janvier 1949 : commander un CREP.
- Si permis antérieur au 1er juillet 1997 : commander un diagnostic amiante.
- Si permis ou déclaration préalable de travaux déposé après le 1er janvier 2023 : constituer le CIL.
- Identifier la zone réglementaire via Géorisques : ERP requis si zone à risque.
- Vérifier le classement PEB si le bien est proche d'un aéroport.
- Contrôler l'âge des installations électriques et gaz (15 ans = seuil déclencheur).
- Commander un DPE si l'ancien est expiré ou si des travaux énergétiques ont été réalisés.
- Mesurer la surface habitable (loi Boutin) pour tout logement loué vide.
- Mandater exclusivement un diagnostiqueur certifié : ne jamais produire soi-même un document.
- Vérifier la date de validité de chaque diagnostic au jour de la signature du bail.
- Annexer l'intégralité du DDT au contrat de bail avant signature.
Le 1er janvier 2026, le nouveau mode de calcul du DPE entre en vigueur. Les bailleurs dont le logement est chauffé à l'électricité peuvent bénéficier d'une meilleure étiquette sans travaux, à condition de faire réaliser un DPE après cette date. Pour les biens concernés, planifier ce diagnostic en 2026 plutôt qu'en 2025 peut être stratégique.
Pour approfondir l'ensemble des aspects juridiques et financiers de la mise en location, notre guide complet pour investir en immobilier locatif détaille chaque étape, du DDT au choix du régime fiscal.
Sources
- legifrance.gouv.fr
- legifrance.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- service-public.gouv.fr
- economie.gouv.fr
- economie.gouv.fr
- e-immobilier.credit-agricole.fr
Fiche pratique
| Liste des 9 diagnostics du DDT location | DPE, CREP, état électricité, état gaz, ERP, bruit (PEB), amiante, surface habitable, CIL |
| Diagnostics toujours obligatoires | DPE (10 ans), état électricité (6 ans si installation ≥ 15 ans), état gaz (6 ans si installation ≥ 15 ans), surface habitable |
| Diagnostics conditionnels | CREP (permis avant 1949), amiante (permis avant juillet 1997), ERP (zone à risque, 6 mois), bruit (zone PEB), CIL (permis/DP déposé depuis 2023) |
| Exception DPE | Location saisonnière < 4 mois par an (service-public.fr) |
| Réforme clé 2026 | Nouveau calcul DPE au 1er janvier 2026 : meilleure prise en compte du chauffage électrique (economie.gouv.fr) |
| Sanction en cas de DDT incomplet | Le locataire peut demander en justice l'exécution de l'obligation ou une réduction du loyer (art. 3-1 loi du 6 juillet 1989) |
| Coût | À la charge exclusive du bailleur, non récupérable sur le locataire |
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
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Foire aux questions
Quels sont les diagnostics obligatoires pour une location ?
Pour toute location, le Dossier de Diagnostic Technique (DDT) doit comprendre le DPE (10 ans), le CREP si le permis est antérieur à 1949 (1 an si présence de plomb), l'état de l'installation électrique et l'état gaz si les installations ont plus de 15 ans (6 ans), l'ERP si le logement est en zone à risque (6 mois), le diagnostic bruit en zone PEB, et la surface habitable loi Boutin. Le diagnostic amiante s'ajoute pour les permis antérieurs au 1er juillet 1997.
Quelle est la durée de validité des diagnostics immobiliers pour une location ?
Le DPE est valable 10 ans. L'état électricité et l'état gaz sont valables 6 ans. L'ERP (état des risques et pollutions) est valable 6 mois. Le CREP est valable 1 an si présence de plomb détectée, illimitée si absence. Le diagnostic amiante est illimité en l'absence d'amiante. La surface habitable loi Boutin reste valable tant que le logement n'a pas été modifié.
Quels sont les diagnostics obligatoires pour la location en 2026 ?
En 2026, la liste reste identique à celle des années précédentes, avec une évolution notable : le calcul du DPE est révisé au 1er janvier 2026 pour mieux prendre en compte le chauffage électrique, ce qui peut améliorer l'étiquette énergétique de certains logements (source : economie.gouv.fr). Les bailleurs concernés bénéficient d'un DPE potentiellement revalorisé sans démarche supplémentaire : le nouveau mode de calcul s'applique automatiquement aux nouveaux diagnostics réalisés après cette date.
Est-il obligatoire de faire un DPE pour une location ?
Oui. L'article L.126-26 du Code de la construction et de l'habitation impose de joindre le DPE au contrat de location. Une seule exception : le logement destiné à être occupé moins de 4 mois par an (résidence de tourisme, location saisonnière intermittente). Dans tous les autres cas : location vide, meublée, résidence principale ou secondaire : le DPE doit être annexé au bail dès la signature.
