Exonération de plus-value immobilière et handicap : conditions, plafonds
Vous êtes titulaire d'une carte CMI invalidité et envisagez de vendre un bien ? Découvrez les conditions exactes de l'exonération de plus-value immobilière

L'exonération de plus-value immobilière pour handicap en 2026 est possible pour les titulaires d'une CMI mention "invalidité" ou d'une pension. Cet avantage est conditionné à un revenu fiscal de référence (RFR 2024) ne dépassant pas 12 793 € pour une personne seule. Les conditions sont cumulatives.
L'exonération de plus-value immobilière pour handicap ou invalidité est un dispositif fiscal précieux, mais soumis à des règles strictes. Pour en bénéficier en 2026, le vendeur doit cumuler trois conditions : détenir une carte d'invalidité éligible, ne pas dépasser un plafond de revenu fiscal de référence et respecter certaines règles liées au bien cédé. Une seule condition manquante peut entraîner la perte totale de cet avantage fiscal. Ce guide détaille chaque critère pour vous permettre d'anticiper votre situation.
Qui peut bénéficier de l'exonération : le profil exact du cédant éligible
L'exonération de la taxe sur la plus-value immobilière pour les personnes en situation de handicap ou d'invalidité n'est pas automatique. Elle est conditionnée par des critères précis définis par l'administration fiscale, notamment dans sa doctrine (BOFiP BOI-RFPI-PVI-10-40-90, 2014). Contrairement à l'exonération de la résidence principale, qui dépend de l'usage du bien, celle-ci est attachée à la situation personnelle du vendeur (le cédant). Il est donc essentiel de bien distinguer les deux régimes.
Pour être éligible, le vendeur doit se trouver dans l'une des situations suivantes au moment de la cession :
- Être titulaire d'une pension de vieillesse.
- Être titulaire de la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention "invalidité".
- Être titulaire d'une pension d'invalidité.
Le simple fait de percevoir l'Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) ne suffit pas en soi. Le document de référence reste la CMI "invalidité". Il est crucial de vérifier que cette carte est en cours de validité au jour de la signature de l'acte de vente définitif chez le notaire. Une carte expirée ou une simple CMI "priorité" ou "stationnement" ne donne pas droit à cet avantage fiscal spécifique.
Carte mobilité inclusion (CMI) mention invalidité : la condition documentaire clé
Le justificatif principal demandé par le notaire est la Carte Mobilité Inclusion (CMI) avec la mention "invalidité". Cette carte remplace les anciennes cartes d'invalidité, de priorité et de stationnement depuis 2017. Pour ouvrir droit à l'exonération de plus-value, seule la mention "invalidité" est prise en compte. Elle atteste d'un taux d'incapacité permanente d'au moins 80 % ou d'un classement en 3ème catégorie de la pension d'invalidité de la Sécurité sociale. La validité de cette carte au moment de la vente est une condition non négociable. Il est donc primordial de s'assurer de sa date d'expiration bien avant d'entamer le processus de vente.
Titulaires d'une pension de vieillesse avec invalidité : un cas distinct
Une personne qui n'est pas titulaire de la CMI "invalidité" mais perçoit une pension de vieillesse peut également être éligible. Cette situation vise les personnes qui, en raison de leur état de santé, n'étaient pas en mesure de poursuivre une activité professionnelle et ont dû liquider leurs droits à la retraite. De même, les titulaires d'une pension d'invalidité (de 2ème ou 3ème catégorie) remplissent cette première condition. Dans tous les cas, ce statut doit être combiné au respect des plafonds de revenus, qui constitue la deuxième condition cumulative. Pour une vision globale, il est utile de consulter le guide complet de la fiscalité immobilière en 2026.
Logement en EHPAD ou établissement spécialisé : règle spécifique depuis 2018
Une règle spécifique, en vigueur depuis le 1er janvier 2018 selon le site impots.gouv.fr, protège les personnes âgées ou en situation de handicap quittant leur domicile pour un établissement spécialisé. Si le cédant est résident d'un EHPAD ou d'un établissement d'accueil médicalisé, il peut bénéficier de l'exonération lors de la vente de son ancienne résidence principale. Deux conditions s'ajoutent alors : le logement doit être vendu dans un délai de deux ans suivant l'entrée dans l'établissement, et il ne doit pas avoir été occupé (ni prêté, ni loué) pendant cette période. Cette mesure vise à ne pas pénaliser fiscalement les personnes contraintes de changer de lieu de vie pour des raisons de santé.
Les plafonds de revenus 2026 : le seuil qui fait toute la différence
Le statut d'invalidité ne suffit pas. L'exonération de plus-value est également soumise à une condition de ressources stricte, qui représente souvent le principal obstacle. Le critère utilisé est le revenu fiscal de référence (RFR) de l'avant-dernière année précédant la vente (année N-2). Concrètement, pour une vente signée en 2026, c'est le RFR de l'année 2024, qui figure sur l'avis d'imposition reçu en 2025, qu'il faut consulter. Cette règle permet à l'administration de s'assurer que l'avantage fiscal bénéficie bien aux personnes invalides disposant de revenus modestes. Le dépassement de ce seuil, même minime, entraîne la perte totale de l'exonération.
Il est donc impératif de vérifier ce montant avant même de mettre le bien en vente. Une mauvaise anticipation peut transformer une opération fiscalement neutre en une charge importante, amputant significativement le produit net de la vente. Le RFR est un indicateur qui agrège l'ensemble des revenus du foyer fiscal (salaires, pensions, revenus fonciers, etc.) après certains abattements. Il ne doit pas être confondu avec le revenu net imposable.
Revenu fiscal de référence (RFR) : comment le calculer avant la cession
Le revenu fiscal de référence (RFR) est une donnée clé de votre situation fiscale. Vous le trouverez sur la première page de votre dernier avis d'imposition, dans un encadré intitulé "Vos références". Pour une vente en 2026, le notaire vous demandera votre avis d'imposition 2025 sur les revenus de 2024. Le RFR à prendre en compte est celui du foyer fiscal du vendeur. Si vous êtes marié ou pacsé, c'est le RFR commun du couple qui est examiné au regard du plafond, lequel est ajusté en fonction du nombre de parts du foyer. Anticiper cette vérification est une étape essentielle pour sécuriser l'opération.
Plafond 2026 : 12 793 € pour la 1re part, majoration par demi-part supplémentaire
Les seuils sont réévalués chaque année. Pour une cession immobilière intervenant en 2026, les plafonds de RFR de l'année N-2 (soit 2024) à ne pas dépasser sont les suivants, selon les barèmes officiels relayés par des sources spécialisées (coullons.fr, 2026) :
- 12 793 € pour la première part de quotient familial.
- 3 428 € pour chaque demi-part supplémentaire.
Par exemple, pour un couple marié (2 parts) sans enfants, le plafond de RFR pour une vente en 2026 serait de 12 793 € + (2 x 3 428 €) = 19 649 €. Pour une personne seule (1 part), le plafond est simplement de 12 793 €. Ces montants sont stricts et ne tolèrent aucun dépassement. Il est à noter que ces conditions sont différentes des cas d'exonération de plus-value sur une résidence secondaire.
Cas pratique chiffré : Sophie, 58 ans, invalide, vend son appartement en 2026
Prenons le cas concret de Sophie, 58 ans, célibataire (1 part fiscale) et titulaire d'une CMI "invalidité". En 2026, elle vend un appartement qu'elle donnait en location. La plus-value nette imposable après abattements est de 40 000 €.
Scénario 1 : RFR de 12 500 €. Son RFR de 2024 est de 12 500 €, soit en dessous du plafond de 12 793 €. Sophie remplit toutes les conditions. Le notaire appliquera une exonération totale. Impôt et prélèvements sociaux à payer : 0 €. Le produit de la vente lui revient intégralement.
Scénario 2 : RFR de 12 800 €. Son RFR de 2024 est de 12 800 €, dépassant le plafond de seulement 7 €. L'exonération est intégralement refusée. Sophie devra s'acquitter de la taxe sur la plus-value. Le calcul sera : 40 000 € x 36,2 % (19 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) = 14 480 €. Un écart minime de revenus lui coûte plus de 14 000 € d'impôt.
Les autres conditions cumulatives à ne pas négliger
En plus du statut d'invalidité et du respect des plafonds de revenus, d'autres conditions doivent être remplies pour que l'exonération soit validée par l'administration fiscale. Ces critères portent sur la nature juridique de la détention du bien et les circonstances de la vente. Omettre l'un de ces points peut conduire à un redressement fiscal, même si les deux premières conditions sont parfaitement remplies.
La liste complète des cas d'exonération est disponible sur le site officiel impots.gouv.fr, qui constitue la source de référence pour valider une situation particulière. Chaque cas d'exonération a ses propres subtilités, comme l'exonération de plus-value en tant que nu-propriétaire, et ne doit pas être confondu avec le cas présent. Le rôle du notaire est ici central pour s'assurer que le dossier est complet et conforme aux exigences légales avant de procéder à la déclaration.
La condition de non-détention via une société à l'IS
L'exonération ne s'applique que si le bien immobilier est détenu directement par le vendeur. Si le bien est détenu au travers d'une société civile immobilière (SCI) ou toute autre société soumise à l'impôt sur les sociétés (IS), l'avantage fiscal est perdu. En revanche, si la SCI est "transparente", c'est-à-dire soumise à l'impôt sur le revenu (IR), l'associé qui remplit personnellement les conditions d'invalidité et de revenus peut bénéficier de l'exonération sur sa quote-part de la plus-value. La structuration juridique de la propriété est donc un point de vigilance majeur.
Le délai entre le départ du logement et la cession : règle des 2 ans pour les résidents en établissement
Comme évoqué précédemment, une tolérance existe pour les personnes entrées en établissement spécialisé. L'exonération de la plus-value sur leur ancienne résidence principale est maintenue si la vente a lieu dans les deux ans suivant leur départ. Le point de départ de ce délai est la date d'entrée effective dans la structure d'accueil. Passé ce délai de deux ans, le bien n'est plus considéré comme l'ancienne résidence principale et la plus-value devient imposable dans les conditions de droit commun, même si le vendeur est invalide et respecte les plafonds de revenus. De plus, le logement doit être resté inoccupé depuis le départ du propriétaire.
L'erreur courante qui fait perdre l'exonération
La complexité des règles fiscales peut conduire à des erreurs coûteuses. La plus fréquente est une mauvaise anticipation du revenu fiscal de référence ou une méconnaissance des délais. Ces oublis peuvent anéantir un avantage fiscal qui semblait acquis, avec des conséquences financières directes et parfois lourdes pour le vendeur. La vigilance est donc de mise, et il est toujours recommandé de faire valider son éligibilité par son notaire en amont du projet de vente.
Le système fiscal ne prévoit pas de "droit à l'erreur" ou de progressivité dans ce cas précis : si une seule des conditions n'est pas remplie, c'est l'intégralité de l'exonération qui est refusée. Le passage d'une imposition de 0 % à 36,2 % (19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux) sur la plus-value nette est brutal. Un accompagnement par un professionnel du droit et du chiffre est la meilleure garantie contre ces déconvenues.
Dépasser le plafond de RFR d'un euro : conséquences fiscales concrètes
L'exemple de Sophie, présenté plus haut, illustre parfaitement ce risque. Un dépassement de seulement quelques euros du plafond de RFR suffit à faire basculer le dossier du côté de l'imposition totale. Cette règle du "tout ou rien" est l'un des pièges les plus courants. Les vendeurs doivent donc être particulièrement attentifs à leurs revenus de l'année N-2, en incluant toutes les sources (pensions, revenus fonciers, etc.). Une rentrée d'argent exceptionnelle deux ans avant la vente peut ainsi avoir des conséquences fiscales inattendues et désastreuses sur la plus-value. Une simulation précise est indispensable.
Vendre trop tard après avoir quitté son logement pour un établissement spécialisé
Pour les personnes entrant en EHPAD ou en foyer médicalisé, le compte à rebours de deux ans commence dès leur admission. Il est fréquent que la décision de vendre l'ancien domicile prenne du temps, pour des raisons affectives ou organisationnelles. Cependant, attendre au-delà de ce délai de deux ans pour céder le bien fait perdre le bénéfice de l'exonération attachée à l'ancienne résidence principale. La plus-value sera alors taxée, même si le vendeur est titulaire de la CMI "invalidité" et respecte les plafonds de ressources. La coordination entre la famille, l'établissement et le notaire est essentielle pour vendre dans les temps.
Démarches pratiques : comment faire valoir l'exonération lors de la vente
Faire valoir son droit à l'exonération nécessite de suivre une procédure précise et de fournir les bons documents au bon moment. C'est le notaire, en tant qu'officier public chargé de la rédaction de l'acte de vente, qui est responsable de la collecte de l'impôt sur la plus-value pour le compte de l'État. Il a donc l'obligation de vérifier scrupuleusement le droit à l'exonération du vendeur avant de conclure la transaction.
Le cadre législatif évolue, comme en témoigne la récente LOI n° 2026-553 du 29 juin 2026 visant à améliorer l'accès au logement, qui montre l'attention du législateur sur les questions immobilières. Bien qu'elle ne concerne pas directement ce dispositif, elle s'inscrit dans un contexte de réglementation active du secteur. La démarche doit donc être préparée avec soin, en rassemblant tous les justificatifs nécessaires bien en amont de la signature de la promesse de vente pour éviter tout blocage ou mauvaise surprise.
Documents à remettre au notaire avant la signature
Pour que le notaire puisse appliquer l'exonération sur la déclaration de plus-value (formulaire 2048-IMM), vous devrez lui fournir impérativement les pièces suivantes :
- Une copie de votre Carte Mobilité Inclusion (CMI) mention "invalidité" en cours de validité.
- Votre avis d'imposition de l'année N-1 sur les revenus de l'année N-2. Pour une vente en 2026, il s'agit de l'avis 2025 sur les revenus 2024.
- Le cas échéant, un justificatif de votre pension (vieillesse ou invalidité).
- Pour les résidents en établissement, une attestation d'entrée dans la structure pour prouver le respect du délai de deux ans.
Ces documents doivent être remis dès les premiers rendez-vous pour que le notaire puisse valider votre éligibilité et préparer l'acte de vente en conséquence.
Que se passe-t-il si l'exonération est refusée après coup ?
Si, après la vente, l'administration fiscale conteste l'exonération appliquée par le notaire (par exemple, suite à un contrôle sur le RFR ou la validité de la CMI), elle peut notifier un redressement au vendeur. Le contribuable dispose alors d'un délai pour répondre et fournir des preuves complémentaires. En cas de maintien du redressement, il devra régler l'impôt sur la plus-value, majoré des intérêts de retard et d'éventuelles pénalités. C'est pourquoi la rigueur dans la constitution du dossier initial est fondamentale pour sécuriser juridiquement et fiscalement l'opération de cession.
Points clés
- L'exonération de plus-value immobilière pour invalidité repose sur trois conditions cumulatives : un statut (CMI invalidité), des revenus plafonnés et la nature du bien.
- Pour une vente en 2026, le revenu fiscal de référence de 2024 ne doit pas excéder 12 793 € pour une personne seule.
- Dépasser ce plafond de revenus, même d'un seul euro, annule totalement l'exonération et soumet la plus-value à une taxation de 36,2 %.
- Les résidents en EHPAD ou établissement spécialisé peuvent bénéficier de l'exonération s'ils vendent leur ancienne résidence principale dans les deux ans suivant leur départ.
- Le notaire est l'interlocuteur clé : il vérifie les justificatifs (CMI, avis d'imposition) et applique l'exonération sur la déclaration de plus-value.
Sources
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
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Foire aux questions
Qui est exonéré de plus-value immobilière en cas d'invalidité ?
Sont exonérés les titulaires d'une pension de vieillesse ou d'une carte mobilité inclusion (CMI) mention invalidité, sous réserve de ne pas dépasser un certain plafond de revenu fiscal de référence (RFR). Les conditions sont cumulatives et incluent également la nature du bien vendu.
Quel est le plafond de revenus pour bénéficier de l'exonération de plus-value immobilière en 2026 ?
Pour une vente réalisée en 2026, l'exonération de plus-value immobilière est accordée si votre revenu fiscal de référence (RFR) de l'avant-dernière année (N-2) ne dépasse pas 12 793 € pour la première part de quotient familial. Ce plafond est majoré de 3 428 € par demi-part supplémentaire.
La carte mobilité inclusion (CMI) mention invalidité suffit-elle pour être exonéré de plus-value ?
Non, la carte mobilité inclusion (CMI) avec la mention "invalidité" est une condition nécessaire mais pas suffisante. Vous devez également respecter un plafond de revenu fiscal de référence (RFR) et d'autres conditions liées au bien immobilier pour être totalement exonéré.
Peut-on bénéficier de l'exonération si on a quitté son logement pour entrer en maison de retraite ou en EHPAD ?
Oui, c'est possible. Depuis le 1er janvier 2018, l'exonération s'applique si vous vendez votre ancienne résidence principale dans les deux ans suivant votre entrée en établissement spécialisé (EHPAD, maison de retraite), à condition que le logement soit resté inoccupé et que vous respectiez les plafonds de revenus.
Comment déclarer l'exonération de plus-value liée au handicap chez le notaire ?
Vous devez présenter les justificatifs à votre notaire avant la signature de l'acte de vente. Il s'agit de votre carte CMI mention "invalidité" en cours de validité et de votre dernier avis d'imposition pour vérifier votre RFR. Le notaire se chargera de remplir la déclaration de plus-value (formulaire 2048-IMM) en appliquant l'exonération.
L'exonération de plus-value pour invalidité s'applique-t-elle aussi aux prélèvements sociaux ?
Oui, l'exonération pour invalidité sous conditions de ressources est totale. Si vous remplissez tous les critères, vous êtes exonéré à la fois de l'impôt sur le revenu à 19 % et des prélèvements sociaux à 17,2 %. L'économie représente donc 36,2 % de la plus-value nette imposable.
