Impôt sur investissement locatif : régimes fiscaux, calcul et dispositifs 2026
Impôt sur investissement locatif : régimes foncier et BIC, taux 2026, déficit foncier à 10 700 €, dispositif Jeanbrun. Guide pratique avec exemples chiffrés.


L'impôt sur investissement locatif se calcule à partir de deux composantes en 2026 : votre tranche marginale d'imposition (TMI) et les prélèvements sociaux à 17,2 %. Un revenu locatif net de 7 000 €, par exemple, génère 3 304 € d'impôt pour un contribuable en TMI à 30 % (Crédit Agricole Immobilier, mai 2026). La loi de finances 2026 a introduit le dispositif Jeanbrun et une contribution minimale de 20 % pour les hauts revenus. Ce guide détaille les régimes fiscaux applicables, les mécanismes de déduction et les nouvelles mesures selon le type de location : nue ou meublée.
En bref
- L'imposition combine TMI + 17,2 % de prélèvements sociaux : taux effectif de 47,2 % en tranche à 30 %.
- Le déficit foncier est plafonné à 10 700 € par an sur le revenu global, avec obligation de louer le bien 3 ans.
- Le dispositif Jeanbrun (LF 2026) permet d'amortir jusqu'à 80 % du prix hors terrain pour les logements anciens rénovés.
- La contribution minimale à 20 % s'applique aux ménages dont les revenus dépassent 250 000 € (Boursorama, février 2026).
- Location nue = revenus fonciers ; location meublée = BIC. Chaque catégorie a ses propres abattements et plafonds.
Comment sont imposés les revenus locatifs : les deux grandes catégories
Deux catégories fiscales structurent l'imposition des loyers en France : les revenus fonciers pour la location nue, et les Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) pour la location meublée. Ce premier embranchement détermine tout le reste : abattement applicable, charges déductibles, formulaire de déclaration et plafonds.
À l'intérieur de chaque catégorie, vous basculez soit vers le régime micro (abattement forfaitaire, sans justificatif), soit vers le régime réel (déduction des charges réelles, avec justificatifs). Le choix du régime n'est pas anodin : il dépend du montant de vos loyers et du poids de vos charges. Un investisseur qui engage des travaux lourds a intérêt à opter pour le réel, quand un bailleur aux charges modestes gagne à rester au micro.
Ce classement est fixé par le Code général des impôts. La déclaration s'effectue via le formulaire 2042 (micro) ou le 2044 (réel foncier). Pour les BIC, le formulaire 2031 est requis au régime réel. Le service des impôts des particuliers (SIP) contrôle ces déclarations et peut redresser en cas d'erreur de catégorisation.
Location nue : catégorie revenus fonciers
La location d'un logement vide relève de la catégorie des revenus fonciers. L'administration fiscale considère que le bailleur perçoit des loyers sans fournir d'équipement permettant au locataire de vivre immédiatement dans les lieux.
Deux sous-régimes coexistent. Le micro-foncier s'applique automatiquement si vos loyers annuels ne dépassent pas 15 000 € : un abattement forfaitaire de 30 % est alors appliqué, sans justificatif à produire. Le régime réel, optionnel, permet de déduire l'ensemble des charges : intérêts d'emprunt, taxe foncière, primes d'assurance, frais de gestion, travaux d'entretien et de réparation. Cette option est irrévocable pendant trois ans.
Location meublée : catégorie BIC
Un logement meublé : doté d'un mobilier suffisant pour que le locataire y dorme, mange et vive décemment : bascule dans la catégorie BIC. Ce changement de qualification fiscale a des conséquences majeures.
Le régime micro-BIC offre un abattement de 50 % sur les loyers, dans la limite de 77 700 € de recettes annuelles en 2026. Le régime réel BIC permet, lui, de déduire les charges ET d'amortir la valeur du bien (hors terrain), ce qui peut ramener le résultat imposable à zéro. L'amortissement constitue le principal levier fiscal de la location meublée au réel.
Micro-foncier vs régime réel : le bon régime selon vos revenus
Le seuil de bascule dépend directement du poids des charges. Un bailleur en location nue avec 12 000 € de loyers et 2 000 € de charges annuelles a intérêt à rester au micro-foncier : l'abattement de 30 % (3 600 €) dépasse ses charges réelles. Un autre, avec 8 000 € de travaux et 3 000 € d'intérêts d'emprunt, basculera au réel pour déduire 11 000 €.
En meublé, le calcul intègre l'amortissement. Prenons un studio acheté 120 000 € (dont 100 000 € hors terrain) : amorti sur 30 ans, cela représente 3 333 € annuels déductibles en plus des charges. Un loyer de 9 000 € peut ainsi être entièrement absorbé par les déductions. Avant toute décision, faites simuler les deux options par un professionnel : le choix engage pour plusieurs années.
Quel est le taux d'imposition sur les revenus locatifs en 2026 ?
Le taux effectif d'imposition des loyers n'est pas un taux unique : il résulte de l'addition de votre tranche marginale d'imposition (TMI) et des prélèvements sociaux. Pour 2026, le barème de l'impôt sur le revenu (portant sur les revenus 2025) comporte cinq tranches : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. Les prélèvements sociaux, fixés à 17,2 %, s'appliquent quel que soit votre niveau de revenu.
Un contribuable en TMI à 30 % supporte donc un taux marginal de 47,2 % sur chaque euro de revenu locatif net. Ce taux grimpe à 58,2 % pour la tranche à 41 % et à 62,2 % pour la tranche à 45 %. C'est ce cumul TMI + prélèvements sociaux qui donne la charge fiscale réelle, bien au-delà de ce que le seul intitulé "tranche à 30 %" pourrait laisser croire.
La loi de finances 2026 a introduit une contribution minimale de 20 % pour les ménages aux revenus supérieurs à 250 000 € (Boursorama, février 2026). Même si ces contribuables optimisent leur base imposable via des charges ou des amortissements, ils ne pourront pas descendre sous ce plancher. Cette mesure concerne les très hauts revenus et ne modifie pas la mécanique TMI + 17,2 % pour la grande majorité des bailleurs.
TMI + prélèvements sociaux : la formule de calcul
La formule est simple : (Revenu locatif net × TMI) + (Revenu locatif net × 17,2 %). Le revenu locatif net correspond aux loyers encaissés diminués de l'abattement forfaitaire (micro) ou des charges réelles (réel).
Contrairement aux salaires, il n'y a pas de prélèvement à la source spécifique sur les loyers : les bailleurs versent un acompte mensuel ou trimestriel calculé par l'administration fiscale sur la base des derniers revenus fonciers déclarés. La régularisation intervient l'année suivante. Les prélèvements sociaux (CSG 9,9 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %) sont recouvrés en même temps que l'impôt sur le revenu.
Cas pratique : 7 000 € de revenu net imposable, combien d'impôt ?
Un bailleur loue un appartement vide et perçoit 10 000 € de loyers annuels. En micro-foncier, l'abattement de 30 % ramène le revenu net imposable à 7 000 €.
Avec une TMI de 30 % :
- Impôt sur le revenu : 7 000 × 30 % = 2 100 €
- Prélèvements sociaux : 7 000 × 17,2 % = 1 204 €
- Total : 3 304 € (Crédit Agricole Immobilier, mai 2026)
Le taux effectif est donc de 47,2 % sur le revenu net. Sur les 10 000 € bruts, il reste 6 696 € après impôts et prélèvements sociaux : avant même de compter les charges non déductibles en micro-foncier (taxe foncière, assurance, copropriété). En régime réel, ces charges viendraient réduire la base imposable et alléger la facture.
La contribution minimale à 20 % pour les hauts revenus (LF 2026)
Issue de la loi de finances 2026, la contribution différentielle sur les hauts revenus instaure un taux plancher de 20 % pour les foyers fiscaux dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple) (Boursorama, février 2026). Ce dispositif, distinct de la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus), s'applique au revenu fiscal de référence global : pas seulement aux revenus locatifs.
Concrètement, si un couple déclarant 600 000 € parvient à réduire son imposition effective à 15 % via des déficits fonciers, l'administration recalcule et applique la contribution pour atteindre 20 %. Les revenus locatifs sont inclus dans l'assiette, mais cette mesure dépasse le seul cadre immobilier. Les contribuables concernés doivent intégrer ce plancher dans leurs simulations avant d'engager des stratégies de défiscalisation.
Déficit foncier : réduire son impôt sur le revenu locatif grâce aux charges
Le déficit foncier constitue un levier puissant pour les bailleurs en location nue ayant opté pour le régime réel. Lorsque les charges déductibles excèdent les loyers perçus, la différence : le déficit : s'impute sur le revenu global du foyer fiscal, dans une limite de 10 700 € par an (Crédit Agricole Immobilier, mai 2026). La fraction du déficit qui excède ce plafond (provenant des intérêts d'emprunt) est reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
Un plafond porté à 21 400 € existe sous conditions : il s'applique lorsque le déficit résulte de dépenses de rénovation énergétique permettant de sortir un logement du statut de passoire thermique (étiquette F ou G du DPE). Cette mesure, prolongée par la loi de finances, vise à inciter la rénovation du parc locatif. Les travaux doivent être justifiés par des factures et un diagnostic de performance énergétique avant/après.
⚠️ Attention : l'imputation du déficit foncier engage à louer le bien nu pendant au moins trois ans suivant l'année d'imputation. Vendre ou cesser de louer avant ce délai entraîne la réintégration du déficit au revenu imposable : avec pénalités de retard et intérêts (10 % à 40 % selon la qualification du redressement).
Avant d'engager une stratégie de déficit foncier, évaluez votre horizon de détention. Un investisseur qui prévoit de revendre sous trois ans s'expose à un risque fiscal significatif. Ceux qui s'engagent sur le long terme et rénovent un bien dégradé y trouvent, en revanche, un amortisseur fiscal efficace.
Charges déductibles au régime réel foncier
Le régime réel foncier autorise la déduction de nombreuses charges, à condition qu'elles soient dûment justifiées :
- Intérêts d'emprunt : totalité des intérêts de l'année, frais de dossier et primes d'assurance emprunteur
- Taxe foncière : hors taxe d'enlèvement des ordures ménagères (récupérable sur le locataire)
- Frais de gestion : honoraires d'agence, comptabilité, frais de procédure
- Travaux d'entretien et de réparation : remplacement de chaudière, ravalement, toiture (hors agrandissement)
- Primes d'assurance : propriétaire non occupant (PNO), loyers impayés
- Charges de copropriété : quotes-parts non récupérables
Les travaux d'amélioration (pose d'un double vitrage, isolation) sont déductibles. Les travaux d'agrandissement ou de construction neuve ne le sont pas.
Plafond de 10 700 € (ou 21 400 €) : conditions et pièges
Le plafond de 10 700 € s'applique à l'imputation sur le revenu global. La fraction excédentaire, liée aux intérêts d'emprunt, se reporte sur les revenus fonciers futurs (10 ans).
Le plafond majoré à 21 400 € concerne exclusivement les déficits générés par des travaux de rénovation énergétique faisant passer un logement d'une classe F ou G à une classe E ou supérieure (DPE). Ces travaux doivent être réalisés par un professionnel RGE (Reconnu Garant de l'Environnement). La condition s'apprécie annuellement : si vous engagez 25 000 € de rénovation énergétique et 5 000 € d'autres charges, avec 8 000 € de loyers, votre déficit est de 22 000 €. Vous imputez 21 400 € sur le revenu global et reportez 600 €.
L'erreur à ne pas commettre : vendre trop tôt après imputation du déficit
La règle des trois ans est impérative et mal connue des primo-investisseurs. L'administration fiscale vérifie que le bien est resté loué nu pendant les trois années qui suivent l'imputation du déficit. Une vente, une mise en location meublée ou une occupation à titre personnel durant cette période déclenche un redressement.
Le fisc peut contrôler jusqu'à trois ans en arrière (délai de reprise). Si le déficit a été imputé sur deux exercices, la prescription court pour chaque année. La pénalité pour manquement délibéré atteint 40 % des droits rappelés, auxquels s'ajoutent les intérêts de retard (0,2 % par mois). Avant d'acheter un bien à rénover avec une stratégie de déficit foncier, calculez la rentabilité réelle de l'opération en intégrant la durée d'engagement.
Fiscalité immobilier locatif 2026 : le nouveau dispositif Jeanbrun
La loi de finances 2026 crée le dispositif Jeanbrun, officiellement nommé « statut du bailleur privé ». Il vise à encourager la rénovation et la mise en location de logements anciens dégradés dans les zones tendues. Sa particularité : il combine un amortissement accéléré du bien et une réduction d'impôt, sans les contraintes de plafonnement de loyer ou de ressources du locataire propres à l'ancien dispositif Pinel.
L'amortissement peut atteindre environ 80 % du prix du logement hors terrain (Boursorama, avril 2026). Sur un bien acheté 150 000 € (dont 20 000 € de terrain), la base amortissable de 130 000 € × 80 % = 104 000 € est étalée sur la durée de détention, créant une charge annuelle qui réduit le revenu imposable. Cette mécanique s'inspire de l'amortissement déjà pratiqué en location meublée (LMNP au réel), mais s'applique ici à de la location nue.
💡 À noter : les décrets d'application du dispositif Jeanbrun n'étaient pas tous parus à la date de rédaction. Les conditions définitives (zones géographiques éligibles, nature précise des travaux requis, durée minimale de location) peuvent encore évoluer. Consultez un conseiller fiscal avant de structurer un investissement sur cette base.
Le dispositif cible les bâtiments anciens nécessitant une rénovation significative. Il s'adosse au statut du bailleur privé, distinct du loueur en meublé professionnel (LMP). L'économie d'impôt potentielle est proportionnelle à la TMI du contribuable : plus celle-ci est élevée, plus l'amortissement produit un effet de levier important.
Dispositif Jeanbrun : amortissement jusqu'à 80 % du prix du logement
Le mécanisme central du dispositif Jeanbrun repose sur l'amortissement du bien. Environ 80 % de la valeur du logement hors terrain peut être amorti sur une période qui reste à préciser par décret : probablement entre 15 et 30 ans selon les premières indications (Caisse d'Épargne Gestion Privée, 2026).
Prenons un appartement ancien acheté 200 000 € dont 30 000 € de terrain. La base amortissable est de 170 000 € × 80 % = 136 000 €. Sur 20 ans, cela représente 6 800 € annuels de dotation aux amortissements, venant en diminution du revenu locatif imposable. Si le bien génère 10 000 € de loyers nets de charges, le revenu imposable tombe à 3 200 €. Pour une TMI à 30 %, l'économie d'impôt atteint environ 3 200 € par an (impôt + prélèvements sociaux évités).
Denormandie 2026 : réductions de 12 %, 18 % ou 21 %
Le dispositif Denormandie, prolongé jusqu'en 2027, reste actif en 2026 pour les investissements dans l'ancien avec travaux. La réduction d'impôt est de 12 % du prix d'achat pour un engagement locatif de 6 ans, 18 % pour 9 ans et 21 % pour 12 ans (Crédit Agricole Immobilier, juin 2026).
Contrairement au dispositif Jeanbrun, le Denormandie impose des plafonds de loyers et de ressources du locataire. Les travaux doivent représenter au moins 25 % du coût total de l'opération. Le bien doit être situé dans une commune éligible au plan Action Cœur de Ville ou en zone ANRU. La réduction d'impôt est plafonnée à 300 000 € de prix de revient par an. Si vous souhaitez optimiser votre fiscalité via une SCI, le Denormandie peut y être intégré sous conditions.
Monuments historiques et déficit foncier majoré : 22 % ou 30 % de réduction
Les immeubles classés monuments historiques ou inscrits à l'inventaire supplémentaire bénéficient d'un régime fiscal spécifique. Les dépenses de travaux (restauration, entretien) sont déductibles du revenu global sans plafonnement, ce qui constitue une exception majeure au plafond de 10 700 €.
Une réduction d'impôt de 22 % à 30 % du montant des dépenses supportées s'applique selon le type de bien et son classement (Crédit Agricole Immobilier, février 2026). L'immeuble doit être loué ou ouvert au public. Ce dispositif, réservé aux contribuables fortement imposés, nécessite un suivi rigoureux avec les architectes des bâtiments de France et un comptable spécialisé. Les travaux doivent être autorisés par la DRAC.
Calcul impôt revenu locatif meublé : régime micro-BIC vs réel BIC
La location meublée suit les règles des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Le régime micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 % dans la limite de 77 700 € de recettes annuelles en 2026. Ce régime, simple et sans justificatif, convient aux petits bailleurs meublés dont les charges réelles n'excèdent pas 50 % des loyers.
Le régime réel BIC, plus technique, permet d'aller beaucoup plus loin : l'amortissement du bien (hors terrain) s'ajoute aux charges déductibles classiques (intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurance, copropriété, frais de gestion). Un bien acheté 180 000 € (dont 150 000 € hors terrain) amorti sur 25 ans génère 6 000 € annuels de dotation, auxquels s'ajoutent les charges réelles. Le résultat imposable peut être nul, voire déficitaire (déficit BIC reportable sur les bénéfices BIC futurs, sans imputation sur le revenu global).
Un exemple concret tiré d'une simulation Boursorama (mars 2026) illustre le mécanisme. Avec 12 000 € de loyers annuels et 4 500 € de charges (intérêts, taxe foncière, copropriété, assurance), le revenu après charges est de 7 500 €. L'impôt, calculé sur cette base avec une TMI de 11 % + 17,2 % (soit 28,2 %), s'élève à environ 1 400 € (en intégrant une part d'abattement ou d'amortissement). Le revenu net-net perçu par l'investisseur est donc de 6 100 €.
Pour déterminer si le réel BIC est plus avantageux que le micro-BIC, comparez le montant total des charges + amortissement à l'abattement forfaitaire de 50 %. Le point de bascule dépend du prix d'achat, de la durée d'amortissement retenue et du niveau des travaux. Simulez votre prêt immobilier pour investissement locatif afin d'intégrer le poids des intérêts d'emprunt dans l'équation globale.
Abattement micro-BIC : fonctionnement et plafond
Le micro-BIC fonctionne comme le micro-foncier, avec un abattement plus généreux : 50 % au lieu de 30 %. L'administration considère que cet abattement couvre forfaitairement toutes les charges, y compris l'usure du mobilier.
Le plafond de recettes est de 77 700 € pour 2026 (inchangé par rapport à 2025). Au-delà, le régime réel devient obligatoire. Ce plafond s'apprécie par foyer fiscal et par type d'activité. Un contribuable qui loue plusieurs biens meublés totalise l'ensemble des recettes. S'il exerce aussi une activité de location meublée saisonnière classée (meublé de tourisme), le plafond est de 188 700 € avec un abattement de 71 %.
Régime réel BIC : amortissement du bien et déduction des charges
Le régime réel BIC constitue le principal outil de neutralisation fiscale des loyers meublés. L'amortissement du bien, étalé sur sa durée d'utilisation (généralement 25 à 40 ans pour le gros œuvre, 10 à 15 ans pour les composants), vient en déduction du résultat.
Les charges déductibles incluent : intérêts d'emprunt, taxe foncière, primes d'assurance, frais de comptabilité, honoraires d'expert-comptable, charges de copropriété non récupérables, petit entretien et fournitures (mobilier, électroménager). Contrairement au déficit foncier, le déficit BIC ne s'impute pas sur le revenu global : il se reporte sur les bénéfices BIC des années suivantes. Cette nuance est déterminante pour les contribuables qui espèrent réduire leur impôt sur les salaires via un déficit en meublé : cela n'est pas possible.
Exemple chiffré : 7 500 € de revenu, 1 400 € d'impôt
Reprenons la simulation (Boursorama, mars 2026) :
- Loyers annuels : 12 000 €
- Charges déductibles (intérêts, taxe foncière, copropriété, assurance) : 4 500 €
- Revenu après charges : 7 500 €
- TMI 11 % + prélèvements sociaux 17,2 % = taux global 28,2 %
- Impôt estimé : 1 400 €
- Revenu net-net : 6 100 € (soit 508 €/mois)
Ce calcul ne tient pas compte de l'amortissement comptable qui, en régime réel, viendrait réduire encore la base imposable. Selon le prix du bien et la durée d'amortissement retenue, le résultat fiscal peut être nul. Le choix entre micro et réel dépend donc directement du prix de revient du logement et du montant des travaux.
Défiscalisation immobilier locatif : synthèse des leviers disponibles en 2026
Plusieurs dispositifs coexistent en 2026. Leur pertinence dépend du type de bien (neuf, ancien, ancien rénové), de sa localisation (zone tendue, cœur de ville ANRU, monument classé) et du profil fiscal de l'investisseur (TMI, horizon de détention).
Le tableau ci-dessous synthétise les conditions principales. Il ne remplace pas une étude personnalisée : les interactions entre dispositifs (cumul possible ou non, plafonnement global des niches fiscales à 10 000 €) complexifient les arbitrages.
📌 Important : le plafonnement global des niches fiscales est fixé à 10 000 € par an (18 000 € pour certains dispositifs dont le Denormandie). Les réductions d'impôt obtenues via ces mécanismes s'imputent dans cette enveloppe. Un contribuable qui cumule Denormandie, emploi à domicile et investissement outre-mer peut atteindre ce plafond rapidement.
La loi de finances 2026 affecte aussi les SCPI : la contribution minimale de 20 % pour les contribuables à plus de 250 000 € de revenus s'applique aux revenus de SCPI comme aux revenus fonciers directs. Les SCPI fiscales (déficit foncier, Denormandie) restent disponibles, mais leur rendement net-net doit être recalculé à l'aune de ce plancher. Pour les très hauts revenus, l'investissement en direct avec le dispositif Jeanbrun peut offrir une meilleure visibilité fiscale.
Ces mécanismes impliquent des déclarations complexes et des engagements de longue durée. Avant toute décision, un rendez-vous avec un expert-comptable ou un conseiller en gestion de patrimoine permet de modéliser précisément l'impact fiscal sur 10 à 15 ans : durée typique d'un investissement locatif. L'administration fiscale contrôle de près les dispositifs de défiscalisation, et un montage inadapté peut coûter plus cher en redressement qu'il n'a rapporté en économie d'impôt.
Tableau comparatif des dispositifs : conditions et avantages
Voici les cinq principaux dispositifs actifs en 2026 :
- Déficit foncier : location nue, régime réel. Imputation jusqu'à 10 700 €/an sur le revenu global, engagement locatif 3 ans minimum.
- Denormandie : achat ancien avec travaux ≥ 25 % du prix, zones ANRU/Cœur de Ville. Réduction 12 %, 18 % ou 21 % du prix, engagement 6, 9 ou 12 ans.
- Jeanbrun : location nue, logement ancien rénové. Amortissement jusqu'à 80 % du prix hors terrain, conditions à confirmer par décrets.
- Monuments historiques : immeubles classés/inscrits. Déduction illimitée des travaux + réduction 22 % à 30 %.
- SCPI fiscales : investissement indirect. Transposition des mécanismes ci-dessus (déficit foncier, Denormandie) via des parts de SCPI.
SCPI et loi de finances 2026 : imposition minimale à surveiller
La contribution minimale de 20 % pour les revenus supérieurs à 250 000 € (Boursorama, février 2026) modifie l'équation pour les détenteurs de SCPI. Les revenus de SCPI, qu'ils soient fonciers ou BIC, entrent dans l'assiette de calcul de cette contribution.
Un investisseur détenant 200 000 € de parts de SCPI fiscales et déclarant 400 000 € de revenus annuels verra son imposition globale recalculée si son taux effectif passe sous 20 %. L'avantage comparatif des SCPI par rapport à l'immobilier direct s'en trouve réduit pour cette catégorie de contribuables. La détention en direct via le dispositif Jeanbrun, qui permet un amortissement sans plafonnement de loyer, peut s'avérer plus lisible fiscalement.
Quand consulter un conseiller fiscal ?
Trois situations justifient un conseil personnalisé :
- Vous déclarez plus de 100 000 € de revenus annuels et envisagez un investissement locatif avec travaux
- Vous cumulez déjà des réductions d'impôt (emploi à domicile, PER, enfants scolarisés) et approchez le plafond de 10 000 € de niches fiscales
- Vous hésitez entre SCI, location nue avec Jeanbrun ou meublé avec amortissement
Un expert-comptable ou un conseiller en gestion de patrimoine indépendant pourra modéliser votre taux d'imposition effectif sur plusieurs années, intégrer les interactions entre dispositifs et anticiper les évolutions législatives. Le coût de cette consultation (300 à 800 €) est souvent couvert par l'optimisation qu'elle permet de documenter et sécuriser.
Fiche pratique
| Abattement micro-foncier (location nue) | 30 % (automatique, plafond 15 000 € de loyers annuels) |
| Abattement micro-BIC (location meublée) | 50 % (plafond 77 700 € en 2026) |
| Prélèvements sociaux (CSG/CRDS) | 17,2 % sur les revenus locatifs nets |
| Déficit foncier imputable sur le revenu global | Jusqu'à 10 700 € (21 400 € sous conditions) |
| Contribution minimale LF 2026 | 20 % pour les revenus > 250 000 € |
| Dispositif Jeanbrun (LF 2026) | Amortissement jusqu'à 80 % du prix hors terrain |
| Denormandie (2026) | Réduction 12 %, 18 % ou 21 % selon durée d'engagement |
| Déclaration revenus fonciers | Formulaire 2044 (réel) ou 2042 (micro-foncier) |
| Source officielle | impots.gouv.fr : rubrique revenus fonciers |
Sources
Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.
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Foire aux questions
Quelle fiscalité pour un investissement locatif ?
La fiscalité dépend du type de location. Pour une location nue, les loyers sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, au régime micro-foncier (abattement forfaitaire de 30 %) ou au régime réel (déduction des charges). Pour une location meublée, ils relèvent des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), avec un abattement de 50 % en micro-BIC ou la possibilité d'amortir le bien au régime réel. À cela s'ajoutent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026).
Comment sont imposés les revenus locatifs ?
Les loyers perçus sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, selon votre tranche marginale d'imposition (TMI : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %), augmentés des prélèvements sociaux à 17,2 %. Pour une location meublée professionnelle (LMP), le régime des plus-values professionnelles peut s'appliquer à la revente. Une contribution minimale de 20 % vise par ailleurs les ménages aux revenus supérieurs à 250 000 € depuis la loi de finances 2026 (Boursorama, février 2026).
Quel est le taux de l'impôt sur les revenus locatifs ?
Le taux effectif se compose de votre TMI (de 0 % à 45 %) additionnée de 17,2 % de prélèvements sociaux. Un contribuable en tranche à 30 % supporte donc un taux marginal de 47,2 % sur ses revenus locatifs nets. La loi de finances 2026 instaure une contribution minimale de 20 % pour les ménages dépassant 250 000 € de revenus (Boursorama, février 2026).
Comment calculer les impôts sur un bien locatif ?
Le calcul dépend du régime fiscal. En micro-foncier : loyer annuel − abattement de 30 %, puis (montant net × TMI) + (montant net × 17,2 %). En régime réel : additionnez toutes les charges déductibles (intérêts d'emprunt, travaux, taxe foncière, assurances), soustrayez-les des loyers, puis appliquez TMI + 17,2 % sur le résultat net. Un simulateur est disponible sur impots.gouv.fr pour estimer votre imposition selon votre situation.
Faut-il déclarer l'abattement micro-foncier chaque année ?
Non, l'abattement forfaitaire de 30 % en micro-foncier est automatique et ne nécessite ni justificatif ni option particulière. En revanche, pour le régime réel foncier ou le régime réel BIC, vous devez opter expressément lors de votre déclaration de revenus (formulaire 2044 pour les revenus fonciers, 2031 pour les BIC). L'option est valable un an et se renouvelle tacitement.
Le dispositif Pinel est-il encore en vigueur en 2026 ?
Non, le dispositif Pinel a pris fin au 31 décembre 2024. Les dispositifs de défiscalisation actifs en 2026 sont le Denormandie (réduction de 12 %, 18 % ou 21 % dans l'ancien rénové), le nouveau dispositif Jeanbrun (statut du bailleur privé avec amortissement jusqu'à 80 % du prix hors terrain) et les monuments historiques (réduction de 22 % à 30 % des dépenses).
Peut-on cumuler location nue et location meublée dans une même déclaration ?
Oui. Une location nue conserve le régime des revenus fonciers tandis qu'une location meublée bascule en BIC. Concrètement, un même contribuable peut déclarer 8 000 € de loyers nus en micro-foncier (abattement 30 %) et 15 000 € de loyers meublés en micro-BIC (abattement 50 %), chaque catégorie suivant ses propres règles de calcul.
